PACA By Night

24 avril 2020

LES GIOVANNIS

  Arrivée sur le devant de la scène sous la Renaissance vénitienne, la famille Giovanni a bâti sa fortune sur l’avènement de la classe moyenne, les banques et le commerce en Méditerranée (sans oublier l’entreprise criminelle qui suivit). Toutefois, avec la célébrité vint le vice, car son paterfamilias voulait toujours plus de pouvoir, et avec ce vice vint l’horreur. Au faîte de son pouvoir terrestre, Augustus Giovanni se tourna vers la nécromancie et, ce faisant, fut étreint par un Antédiluvien oublié. Aidés d’un conclave de conspirateurs, les Giovanni firent sombrer un clan aujourd’hui disparu dans l’oubli et érigèrent le leur sur son cadavre. Depuis ces premières nuits, l’ambition des Giovanni n’a aucune limite, et ce malgré l’opposition de vampires étrangers au clan et leur réputation méritée de « damnés diaboliques ». Ils étudièrent des arts interdits et devinrent redoutables en matière de nécromancie, qui leur confère des pouvoirs sur l’esprit des morts. Mais leurs rituels corrompus se traduisirent par une dégénérescence certaine.  

  Aujourd’hui, les Giovanni sont connus pour la nature de leur clan et leurs pratiques incestueuses qui assurent leur renouvellement. Quelques familles et factions extérieures ont leurs faveurs, mais l’immense majorité du clan vient de cette famille de mortels avilie. La
famille reste prospère malgré ses horribles peccadilles. Elle a amassé une fortune incroyable grâce au crime, à la politique et aux secrets des morts, ce qui lui permet de vivre dans une opulence sans limites. En public, les Giovanni font preuve d’humilité et de respect. Une partie de cette affectation remonte à plusieurs siècles, à l’époque où les autres clans traquaient les Nécromants usurpateurs, mais elle vise aussi à leur assurer leur neutralité, si chèrement gagnée, vis-à-vis de la Camarilla et du Sabbat. On la doit aussi à cette main de fer dans un gant de velours, remarquable pour obliger les fantômes, esprits et cadavres à leur obéir. À les croire, des princes et des archevêques leur devraient des faveurs, et tous ceux qui ont quelque chose à offrir peuvent gagner leur appui.
  Dans l’ensemble, les Giovanni ne participent guère au Jyhad, s’occupant de leurs propres desseins et posant les fondations de leur pouvoir dans l’au-delà. Les étrangers comprennent difficilement leurs objectifs, et seuls les éléments de confiance du clan savent que la famille souhaite plonger le monde dans un état où morts et vivants pourront se mêler. Et grâce à leur connaissance de la Nécromancie, les Giovanni pourraient bien être en position de régner en maîtres absolus.

Surnom : les Nécromants

Apparence : les Giovanni s’habillent avec goût et raffinement. L’ensemble des forces du clan provient de la famille de mortels d’origine et a non seulement le teint olivâtre italien, mais certains des traits communs à la famille. Les autres sont généralement typés et adoptent la mode de la branche familiale locale.

Refuge : la richesse des Giovanni saute aux yeux dans leurs refuges, qui prennent la forme de villas et de propriétés somptueuses. Les Nécromants investissent aussi dans les biens précieux, comme les galeries d’art ou les collections de bijoux. Beaucoup disposent également de refuges secondaires, où il leur arrive de cacher des cryptes nécromantiques complexes ou de simples appartements dans lesquels faire profil bas.

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LES GANGRELS

  Des yeux rouges dans l’obscurité, l’odeur musquée d’un prédateur, un reflet fugace sur un croc, un bruit de chair lacérée : tels sont les signes de la présence d’un Gangrel. Plus que les autres damnés, les Gangrels ressemblent aux animaux traditionnellement associés aux légendes vampiriques : chauves-souris, loups et autres créatures de la nuit. En effet, les Apatrides ont parfois le pouvoir de se transformer en ce genre de créatures, en plus d’autres formes primitives. Les Gangrels présentent d’autres caractéristiques communes aux animaux. Beaucoup fuient la structure sociale complexe des damnés et des mortels. Certains préfèrent voyager seuls ou au sein de petites meutes ou coteries. La plupart sont coriaces, voire féroces quand on les cherche. Et quand les Gangrels cèdent aux déprédations de la Bête, ils développent des traits physiques propres au royaume animal.
  D’un point de vue clanique, les Gangrels sont méfiants et distants. Beaucoup préféreraient passer leurs nuits à chasser ou à donner libre cours à leurs instincts sur les toits des buildings plutôt que de s’embêter avec les édits princiers ou à faire respecter les lois domaniales. Ils entretiennent des relations difficiles avec la société vampirique, et sont donc les plus nombreux à rejoindre les anarchs ou les autarkis. Dans certains endroits, tous les Gangrels ont quitté leur secte, dans la mesure où ils sont capables de faire quelque chose conjointement. Le Jyhad semble moins prononcé parmi les Gangrels que parmi les autres clans, car ils ne s’intéressent guère au conflit éternel. Les différences entre les Apatrides se jouent souvent sur des questions de frontières et de droits de chasse, et non sur une défiance générationnelle. Les sujets qui préoccupent les jeunes concernent donc aussi les ancillae et les anciens. Toutefois, il est difficile de dire que les relations entre les différentes générations de Gangrels sont amicales, exception faite des situations où un sire et son infant sont seuls. La Bête se méfie toujours de ceux qui se nourrissent d’elle.


Surnom : les Apatrides

Secte : officiellement, les Gangrels appartiennent à la Camarilla, mais le clan abrite depuis toujours une faction très bruyante qui refuse d’adhérer à une secte ou une autre. Ils affirment que les joutes politiques et structures sociales ne concernent en rien les véritables Gangrels.


Apparence : l’apparence fait rarement partie des priorités des Gangrels, si bien que leur allure dépend plus souvent des circonstances que d’une réelle prise de décision. La faiblesse du clan peut grandement contribuer à cette apparence, tout comme l’existence qu’ils mènent dans les endroits où ils fondent leurs refuges, qui sont rarement pourvus du confort moderne.

Refuge : les Gangrels s’installent souvent où ils le peuvent, en trouvant refuge lorsque le soleil est sur le point de se lever. Ceux qui disposent d’un refuge permanent lui trouvent souvent des qualités utilitaires : tout ce qui va d’une cave à une allée ombragée en passant par un squat, sans guère de traces visibles pour marquer leur territoire (en règle générale, les malheureux intrus s’aperçoivent de leur erreur trop tard).

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LES DISCIPLES DE SETH

  Dépendance, avilissement, corruption et désespoir, autant d’imperfections qui effrayent les damnés craignant que leur existence ne soit un véritable gâchis, mais pour les Disciples de Set, ce ne sont rien de plus que des outils d’une grande banalité. Proxénètes, dealers ou prêtres, les Setites pourvoient aux besoins des plus désespérés en les convertissant à une cause nihiliste. Qu’un individu ait besoin de sexe, d’argent, de drogue ou d’un terrible secret, les  Disciples de Set peuvent le fournir, en échange d’une créance, bien évidemment.
  Les Disciples de Set constituent certes un clan, mais aussi une religion chtonienne, l’un n’existant cependant pas sans l’autre. Leur mythologie est complexe et alambiquée, et leur panthéon obscur regroupe une multitude de dieux monstrueux. Ce culte est fondé sur un syncrétisme mêlant les divinités égyptiennes des enfers et l’hydre grecque Typhon, qui sont les gardiens spirituels des lieux secrets et les « libérateurs » des âmes. Pour les étrangers,  cela s’apparente à un simulacre religieux blasphématoire, mais pour les pieux Setites, le culte et la cause sont bien réels, leur noir seigneur mettant en oeuvre sa volonté grâce à eux.
  Cela va sans dire, leur politique de désespoir et la vénération de dieux maléfiques mettent d’office les Serpents en marge de la société des damnés. Mais les Setites s’en moquent. Les damnés ont souvent besoin de ce que les Disciples de Set sont en mesure de leur  offrir, sans compter qu’ils proposent un service en plus : la discrétion, qui vaut de l’or. Cependant, ces vampires sont diaboliques et leurs contrats particulièrement bien ficelés. Ainsi, quand ils récupèrent leur dû et enfournent du sang et des âmes dans la gueule de la Bête typhonique, l’ensemble des sacrifices est toujours effectué de bonne grâce, jamais forcé.


Surnoms : les Setites, les Serpents

Secte : les Disciples de Set n’appartiennent à aucune secte. Néanmoins, il leur arrive de se décrire en termes de secte et de clan. Ils n’ont pas de réelle raison de  rejoindre la Camarilla ou le Sabbat, et leurs objectifs sont différents de ceux des anarchs.

Apparence : la plupart des Setites âgés sont issus d’ethnies nord-africaines ou méditerranéennes correspondant aux territoires historiques des Serpents, mais ils n’hésitent pas à étreindre des mortels originaires de leurs foyers d’adoption. Certains temples setites de  longue date sont liés à des endroits où les Serpents« égyptiens » ne semblent pas vraiment à leur place, mais où un pan de leur mythologie est présent, comme en Méso-Amérique ou dans des régions nordiques reculées, grossissant ainsi leurs rangs parmi la population locale. Les cheveux roux sont considérés comme une preuve des faveurs de Set.

Refuge : les Setites installent leurs refuges, individuels ou collectifs, là où se dressent leurs temples cachés. Il peut s’agir d’« églises » de confession inconnue ou de véritables sectes devant cacher leur existence. Les Serpents dissimulent parfois leurs havres personnels  dans des endroits où les damnés se rendent rarement, comme les faubourgs ethniques reculés, les domaines abandonnés, les quartiers violents, etc. Certains Setites se réfugient aussi en des lieux mystiques secrets importants aux yeux du clan. Ils les protègent alors des étrangers.

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LES BRUJAS

  Les Brujahs sont les héritiers d’un passé infiniment riche, entaché cependant par leur nature enflammée. Ils connurent les gloires de la vieille Carthage, mais la trahison des Ventrues de la Rome antique mit fin à leur rêve. Et autant dire qu’ils leur en ont toujours gardé rancune. À l’heure actuelle, les Brujahs sont des rebelles et des provocateurs, des hooligans armés de battes de base-ball, les agents du changement dans une société depuis longtemps frappée d’immobilisme. En tant que rebelles, il est dans leur nature de remettre en cause le statu quo, mais il leur arrive aussi de l’incarner eux-mêmes en l’absence d’opposition. Ce système fonctionne très bien ainsi, car il y a toujours un Brujah fougueux à souhait, qui attend son heure pour faire tomber de son piédestal un pair arrogant et qui prend ses aises dans son rôle de rebelle devenu dictateur. Plus que les autres clans, les Brujahs nourrissent toujours les passions qui inspiraient jadis les mortels. Ce  clan aime les causes et est prompt à réagir à un discours vibrant, à une accusation d’injustice ou à un appel aux  armes. Ce lien passionnel peut être une bénédiction, mais l’inspiration peut aussi laisser place à la folie et à la soif de la Bête.
  Nul prince sensé ne tourne le dos aux Brujahs, et rares  sont les Canailles qui se laissent manipuler ou flatter. UnBrujah n’a de maître que lui-même, et celui qui espère le mettre au pas entreprend une tâche bien difficile. Un Brujah qui pense ne pas bien se faire comprendre peut parfaitement décider de tailler en pièces son interlocuteur et de lui apporter des précisions ensuite, y compris
s’il s’agit d’un primogène ou d’un représentant des autorités mortelles. Certains vampires férus d’histoire affirment que les Brujahs agissent en qualité d’agitateurs contre l’ordre qu’ils contribuent à soutenir depuis leur vieille trahison. D’autres affirment qu’ils sont soumis depuis longtemps  à ce même ordre, et ne représentent qu’une opposition loyale devenue impuissante. Mais la plupart des Brujahs s’en moquent bien tant qu’ils ont quelqu’un à qui botter les fesses.


Surnom : les Canailles

Secte : malgré sa nature rebelle, le clan Brujah se voit habituellement comme un membre de la Camarilla. Les jeunes Canailles se laissent parfois tenter par la violence du Sabbat, mais les anciens affirment que la Tour d’Ivoire constitue un excellent défouloir.

Apparence : de nombreux Brujahs apprécient les styles et manières reflétant une attitude rebelle. Les coupes de cheveux multicolores, crânes rasés, chaussures à pointes, blousons cloutés, fétiches et teeshirts aux slogans audacieux leur plaisent. Si tous les Brujahs ne portent pas « l’uniforme », les Canailles adorent enfiler des tenues provocatrices. Certains jeunes font de la technologie portable un outil de résistance et sont capables de déclencher une émeute en tapotant sur un écran tactile.

Refuge : certains Brujahs aiment leur ville, mais ils  s’attachent rarement à un endroit précis. Chaque Canaille dispose donc d’au moins une demi-douzaine de planques, abris et appartements. Ils sont généralement miteux et mal entretenus jusqu’à ce que l’intéressé  ait besoin de s’y installer. Ce genre de refuge peut aussi accueillir les mortels qui observent l’idéologie du clan ou vouent un culte de la personnalité au caïnite concerné. Et c’est une bonne chose, car il n’y a pas de mal à avoir un calice d’urgence sous la main, au cas où.

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LES ASSAMITES

  Les Enfants d’Haqim, connus sous le nom d’Assamites auprès des autres damnés, sont des tueurs de l’ombre, constituant un ordre d’assassins sanguinaires qui participent aux guerres secrètes des mortsvivants en louant leurs services. Se tenant à l’écart de l’influence des sectes, ne dépendant pas des princes et  prisci, les Assamites sont des mercenaires et de véritables Indépendants, qui offrent leurs services à ceux qui sont en mesure de leur remettre du sang. Quand une proie s’aperçoit qu’elle est chassée par un Assamite, c’est généralement  qu’il est déjà trop tard. Cela va sans dire, cesvampires sont craints et méprisés par de nombreux clans.

  En réalité, les Assamites sont plus que de simples bandits et assassins. Complexe, mais isolé, leur clan s’appuie sur trois piliers : la sagesse, la sorcellerie et la diablerie. La plupart de ceux que rencontrent les autres vampires sont cependant membres de la caste des guerriers, ce qui explique l’image qu’en a la société des  damnés. De leur côté, les Assassins n’ont jamais rien fait pour lever ce malentendu. Si cela leur permet d’obtenir des contrats et de dissimuler la véritable nature de leur clan, eh bien tant mieux. Il y a de cela fort longtemps, les Assamites ont été mis au pas par une formidable malédiction, fruit du travail des Tremeres pour le compte de la Camarilla. Ils ne peuvent désormais plus boire la vitae des vampires sans en subir les conséquences. Ils menaient une quête permanente pour baisser de génération et ainsi se rapprocher de leur saint père Haqim (qui, selon certains érudits, était de la Seconde génération, tandis que d’autres affirment  qu’il s’agissait d’un juge nommé par les autres Antédiluviens). Aujourd’hui, pour pouvoir consommer  u sang de vampire, ils doivent le raffiner dans une solution alchimique. Sans ce joug mystique, les Assamites auraient certainement entrepris une campagne incontrôlée de diablerie à grande échelle.

Surnom : les Assassins

Secte : dans l’ensemble, les Assamites sont indépendants et louent leurs services aux sectes à leurs propres conditions. Cela dit, certains d’entre eux pensent qu’en se rangeant du côté de la Camarilla ou du Sabbat, le clan tout entier en ressortirait plus puissant.

Apparence : les Assamites âgés sont issus des cultures du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, mais les jeunes sont d’origines variées. Dans leur environnement traditionnel, ils préfèrent les tenues appropriées à leurs coutumes religieuses ou claniques. En public, cependant, ils adoptent la mode locale, pour remplir leurs contrats sans se faire remarquer. La peau des Assamites s’assombrit avec l’âge (contrairement aux autres vampires, qui blêmissent). Les plus vieux spécimens ont donc la peau presque couleur ébène.


Refuge : les Assamites partagent souvent leur refuge avec d’autres représentants de la cellule d’Assassins locale. Il s’agit d’endroits isolés qui leur permettent d’observer le domaine sur lequel ils se trouvent avec tout le recul nécessaire. En règle générale, ces refuges sont bien équipés, sans verser non plus dans l’opulence, car il faut pouvoir les déplacer en cas d’urgence. Habituellement, chaque Assamite dispose aussi d’une cachette personnelle beaucoup plus modeste, car il peut leur arriver d’avoir à adopter un profil bas.

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LE MOUVEMENT ANARCH

Bastions traditionnels : Los Angeles, San Diego, San Francisco


  Faction théorique de la Camarilla, la plupart des « anarchs » sont encore sous l’autorité de la Tour d’Ivoire. Si la Camarilla prétend qu’ils sont sous sa protection, ces derniers qualifient cependant la secte d’oppresseur. Néanmoins, de nombreux représentants du Mouvement anarch comprennent l’utilité de la structure, seuls les éléments les plus radicaux préconisant la sécession. Les anarchs cherchent à changer la Tour d’Ivoire de l’intérieur, pour en faire la société bienveillante à laquelle elle affirme aspirer. Que faut-il changer ? Posez donc la question à une douzaine d’anarchs et vous obtiendrez treize réponses  ifférentes. Chacun est d’accord pour dire que le changement est nécessaire, mais ils ne s’engagent dans aucun projet commun. De grandes lignes se dégagent néanmoins,
comme la redistribution du pouvoir des anciens à tous les vampires, et l’instauration d’un leadership politique basé sur le mérite et non l’âge. Reste à savoir cependant s’il faut amener ces changements en organisant des débats passionnés dans l’Elysium ou en menant des actions de guérilla contre des anciens précis, car tous ne sont même pas d’accord en la matière. Contrairement au Sabbat, qui se rebelle parce que les vampires doivent être supérieurs, le Mouvement réclame l’égalité sur le papier. Naturellement, c’est la définition même de l’égalité qui rend le Mouvement anarch si dangereux pour la société vampirique. Cette opposition au changement n’est pas propre à la Camarilla. Les anciens du Sabbat et des clans indépendants n’ont pas plus envie de renoncer à leur pouvoir, sans compter les ancillae, qui travaillent dur pour suivre les traces de leurs aînés. Si le point de vue des anarchs se répandait, ils auraient fait tout ce boulot pour rien. Il n’est donc pas très surprenant que les anarchs voient la plupart de leurs efforts contrariés et qu’ils soient souvent sur la défensive. Malgré son appartenance à la Camarilla, le Mouvement anarch est comparable à une secte à part, même s’il ne dispose pas de l’organisation nécessaire pour être au niveau de la Camarilla, du Sabbat et des clans indépendants.
  La seule chose qui les unit, c’est qu’ils savent précisément ce qu’ils ne veulent pas. C’est un parfait cri de ralliement, mais cela ne  leur confère pas d’organigramme pour autant. Par ailleurs, toute forme de structure mène rapidement à la stagnation, et c’est précisément contre cela que luttent les anarchs. Mais cela ne veut pas dire que les anarchs sont contre l’organisation. Malgré leur nom, tous ne sont pas anarchistes. Beaucoup cherchent à changer la Camarilla ou le Sabbat pour en tirer de nouvelles structures, généralement basées sur les gouvernements des mortels. La plupart d’entre elles tournent autour d’une forme de démocratie, mais des variantes de néoféodalisme et même de fascisme ont été testées (avec plus ou moins de succès) au sein du Mouvement. L’un des rares points sur lesquels les anarchs s’entendent, c’est qu’à un moment, il faut quelqu’un au sommet de la pyramide. Ce vampire est habituellement surnommé le baron.

  Les anarchs n’ont développé un sentiment d’identité commune que récemment. Après la Seconde Révolte anarch de 1944, qui a conduit à la fondation de l’État anarch libre en Californie, le Conseil révolutionnaire a entériné un ensemble de principes d’auto-gouvernance pour l’État libre avant de se dissoudre : le « Status Perfectus », ou « État parfait ». Il s’agissait d’un document révolutionnaire, le premier à énoncer très clairement le rêve anarch à l’ère moderne. Il appelait les anarchs de tous horizons à se protéger les uns et les autres, quel que soit leur clan. Il promettait une nation de damnés libre de toute oppression politique et de préjugés de la part des anciens, et s’engageait même à étendre cette liberté à tous les Descendants, d’où qu’ils viennent. Il déclarait même que le libre arbitre, ou « libertas », fait partie intégrante de la nature spirituelle des damnés, et que tous les vampires doivent oeuvrer pour se libérer des forces qui veulent les priver de leur libertas. Certains anarchs ne sont pas d’accord avec tout ou partie du Status Perfectus, mais il s’agit d’un document très influent auprès du Mouvement, et ce qui ressemble le plus aux règles de la secte. Quoi qu’il en soit, si les anarchs ont un sérieux problème d’organisation, ils ne manquent pas de passion. Du nouveau-né punk le plus agressif au plus mielleux des intellectuels, les anarchs sont exaltés, ce qui suscite une dynamique à laquelle peu de damnés sont habitués. Mais  le plus effrayant pour les autres vampires, c’est que les anarchs ont l’air de croire ce qu’ils racontent. Les anciens ont beau essayer de mettre cela sur le compte de leur naïveté ou de leur inexpérience en matière de Jyhad, ces jeunes vampires obtiennent parfois des résultats supérieurs à des siècles de manipulation et d’exercice du pouvoir. Et cela terrifie ceux qui le détiennent.La Révolte anarch vieille de plusieurs siècles pourrait bien reprendre, ce dont sont persuadés de nombreux membres de la secte.

Coutumes
  Certains damnés se fourvoient en s’imaginant que le Mouvement anarch n’est qu’un ramassis de Brujahs tout juste étreints et en colère contre leurs aînés. Ils sont bien souvent surpris de découvrir combien la secte est cosmopolite. Car pour chaque nouveau-né braillard qui souhaite tout casser, il existe un ancilla réfléchi et posé, convaincu du bien-fondé des idéaux du Mouvement. Les anarchs n’auraient pas tenu très longtemps s’ils n’étaient que des rebelles sans idées, ou s’ils ne regroupaient qu’une poignée de clans aveuglés par leurs passions. La diversité, cette pluralité qui est à l’origine d’une telle désorganisation, est aussi l’une des plus grandes forces du Mouvement.
  Malheureusement, les vampires établissent souvent une hiérarchie entre eux, et ce rassemblement hétéroclite de caïnites n’échappe pas à la règle. Pour des vampires persuadés que le mérite doit être la principale forme de promotion, le statut est un concept incompatible, voire epoussant pour certains. Les anarchs s’appuient donc sur ce qu’ils savent personnellement de leurs semblables, et non sur ce qu’un autre vampire a pu leur en dire. Du coup, l’historique Statut des anarchs s’appuie sur la réputation : un savant mélange de fanfaronnade, de bouche à oreille et de vantardise, qui permet à l’intéressé d’être reconnu sur sa baronnie et en dehors de celle-ci. Il ne correspond en rien à un rôle politique ou à une position de pouvoir. Il existe des vampires dénués de titre (comme le célèbre blagueur Smiling Jake) bien plus connus que d’autres, qui se targuent pourtant d’une place de baron. Que cette reconnaissance inspire le respect ou le dédain est purement secondaire. Comme le disait Oscar Wilde : « S’il est au monde quelque chose de plus fâcheux que d’être quelqu’un dont on parle, c’est assurément d’être quelqu’un dont on ne parle pas. »

Jeux et farces
  Les anarchs aiment vraiment s’amuser et se taquiner, ce qui n’a rien à voir avec les jeux sanglants auxquels le Sabbat recourt dans le cadre de ses ritae, ni même avec la courtoisie de façade de l’Elysium. Ils pensent que l’existence des caïnites ne doit pas se résumer à des coups de poignard dans le dos, et qu’il vaut mieux profiter au maximum de chaque nuit qui s’offre à eux. Les démons du Sabbat y voient une répugnante démonstration d’humanité, tandis que les cyniques de la Camarilla prétendent qu’il faut bien que jeunesse se passe, mais les anarchs s’en moquent. Bien souvent, ils jouent et se font des farces (quand elles ne visent pas des caïnites peu méfiants), à la fois pour tester leur courage, mais aussi pour se défouler et réduire la pression. Certains anarchs désapprouvent les jeux et farces. Selon eux, cela abaisse le niveau du débat, si bien qu’il est plus difficile pour le Mouvement d’être pris au sérieux, sans compter que tout ce cirque est dangereux et fait planer une menace bien réelle sur la Mascarade. Mais le pire à leurs yeux, c’est qu’il s’agit d’une perte de temps, qui serait utilisé à meilleur escient en déclenchant une glorieuse révolution au sein de la société vampirique. Et ilfaut dire que jouer au chat et à la souris avec des 9 mm est  assez dangereux, même quand chacun a pour consigne de ne pas viser la tête. Par ailleurs, pousser les anciens à entrer en frénésie dans l’Elysium ne facilite pas la tâche
d’un baron qui souhaite négocier avec le prince local. L’organisation d’accidents et les mises en scène morbides en présence de mortels sont quant à elles à un cheveu d’enfreindre la Mascarade. Mais les jeunes anarchs répondent : « Merde alors, après tout, l’éternité est bien trop courte. » Et le jeu continue.

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20 avril 2020

LE SABBAT

Bastions traditionnels : Détroit, Miami, Mexico City, Montréal, Madrid


  Face à la Camarilla se tient une secte de vampires inhumains appelée le Sabbat. La majorité des factions vampiriques croient que la prétendue « Épée de Caïn » est un ramassis de barbares décérébrés et de maniaques ultraviolents, et peut-être même de satanistes bien décidés à faire venir le Diable en personne sur Terre. En tant que tel, le Sabbat est méprisé par l’ensemble de la société vampirique.
  Mais si les Descendants ont bien raison de le craindre, ce n’est pas pour ces raisons-là. Si les « damnés » (un terme que le Sabbat méprise) de la Tour d’Ivoire se cachent parmi les mortels et s’accrochent à leurs traditions poussiéreuses, le Sabbat donne libre cours à sa nature vampirique. Il refuse de revêtir les oripeaux de l’humanité, de se laisser asservir ou d’écouter les anciens. Par ailleurs, les vampires sont clairement supérieurs aux mortels. Est-ce que les humains dorment avec les cochons en les qualifiant de frères ? À ce titre, les membres du Sabbat voient les mortels comme des outils et de simples en-cas, au mieux, sans compter qu’ils supportent mal les « caïnites » qui se font passer pour des humains. Ils sont différents par nature et parfaitement inhumains. Mais l’Épée de Caïn n’est pas qu’un ramassis de psychotiques maculés de sang qui cavalent dans les centres commerciaux, armés de tronçonneuses. Ils refusent d’adopter la base morale de l’humanité et se tournent donc vers d’autres alternatives. Ils observent un large éventail de Voies de l’Illumination, des préceptes philosophiques qui canalisent la Bête et permettent aux caïnites de jouir d’une existence quotidienne offrant un minimum d’équilibre (et même de bon sens). Par ailleurs, le Sabbat s’oppose à la moralité, mais également à ses penchants solitaires. Ses représentants se regroupent souvent en meutes qui constituent à la fois des cultes religieux, des factions politiques et des unités de combat. Entre attachement moral, loyauté de meute et besoin de rébellion, les villes du Sabbat ne sont pas aussi paisibles que les cours de la Camarilla. Dans les diocèses de la secte, il y a toujours beaucoup de tension, et l’environnement des caïnites reflète souvent leur nature explosive. Dans les villes que contrôle le Sabbat, vols, meurtres et viols sont monnaie courante. L’Épée de Caïn menace toutes les villes qu’elle possède, s’insinuant dans le paysage urbain jusqu’à ce qu’elles ne constituent plus que des ressources pour la croisade éternelle. Bien que le Sabbat ne soit sans doute pas plus « mauvais » que certains anciens de la Camarilla, il n’hésite pas à se livrer à des actes de destruction et à faire régner ouvertement la terreur.
  C’est à cause de ces tensions que la secte n’est guère unifiée, qu’elle abrite un nombre important de factions de vampires réunies sous sa bannière. L’une des plus craintes est la Main Noire, une milice spéciale dissimulée parmi les meutes de l’Épée de Caïn. Tous ses membres portent un signe particulier, un sceau mystique indélébile sur la paume de la main droite. Bien que cette marque puisse être cachée ou recouverte, il est impossible de s’en débarrasser. Dès lors qu’on intègre la Main, on y reste jusqu’à la Mort ultime. Le Sabbat dispose également de son Inquisition, une modeste faction de caïnites chargés de dénicher les hérétiques et les infernalistes. Quand elle en catalogue un, difficile de nier l’accusation, le groupe usant de toute façon de torture pour obtenir la confession voulue.
  La faction des Loyalistes pense constituer le « vrai » Sabbat, en affirmant que chaque vampire est son propre maître. Ils prétendent que tout vampire a le droit de faire ce qu’il veut, au point qu’ils ont tendance à désobéir aux ordres de leurs dirigeants, par esprit de contradiction. Il y a aussi la faction du Statu Quo, qui accepte la nature des vampires et sait qu’ébranler les fondations du  Sabbat ne sert qu’à le détourner de son véritable objectif.Les Modérés s’opposent à l’empiétement de règles et de directives, qui n’ont pas leur place parmi des créatures comme les vampires. Ils se situent donc entre le dogme des Loyalistes et le conservatisme du Statu Quo. Enfin, les plus vieux membres du Sabbat appartiennent aux Ultraconservateurs, qui soutiennent la centralisation et l’autoritarisme pour faire de la secte une force militaire capable de s’opposer aux Antédiluviens et à la Camarilla. Le lien qui assure la cohésion du Sabbat est un désir viscéral, quasi religieux, d’occire les Antédiluviens. Quand des meutes ou des courants idéologiques menacent de déclencher une guerre civile, le Sabbat s’arrange pour les réconcilier autour de leur haine de la Camarilla (considérée comme une organisation de pantins à la solde des Antédiluviens). La secte tout entière affirme que la Géhenne est proche, qu’il faut se préparer à la fin des temps, lorsque les Antédiluviens se réveilleront pour détruire le monde. Alors, l’Épée de Caïn sauvera la Terre et prendra la place qui lui revient de droit en dirigeant toute la société vampirique.

  Le Sabbat a d’ores et déjà démontré qu’il représentait une menace sérieuse pour la Camarilla. Les nouveaunés qui en ont assez de voir toutes les nuits les mêmes anciens manipuler des pouvoirs qui leur sont éternellement refusés rejoignent la secte sans s’en  cacher. Tous les princes craignent qu’une nuit, le Sabbat finisse par apparaître dans leur Elysium pour les assassiner. Plusieurs cités qui sont des bastions de longue date de la Camarilla sont aujourd’hui disputées ou carrément tombées dans le giron de l’Épée de Caïn. Au fil du temps, la Camarilla a dû prendre des mesures strictes, et notamment tuer des vampires connus (ou simplement suspectés) pour frayer avec le Sabbat. Certains damnés profitent de cette ligne  dure pour se débarrasser de rivaux ou se faire bien voir aux yeux de leur sire, mais pour chaque caïnite du Sabbat tué, il y en a toujours plus qui rejoignent la secte.


Coutumes
  Tout ce qui a trait au Sabbat tourne autour de deux concepts fondamentaux (et souvent contradictoires) : la liberté et la loyauté. Le code de Milan, qui regroupe l’ensemble de ces règles, souligne parfaitement ces deux points. Les caïnites sont libres d’agir à leur guise, mais doivent toujours rester fidèles à l’Épée, car seule la secte est en mesure de protéger les vampires libres
des anciens manipulateurs, et plus particulièrement des  Antédiluviens. Deux des clans les plus influents de lasecte, les Lasombras et les Tzimisces, auraient détruit et diablerisé leurs Antédiluviens respectifs, donnant ainsi l’exemple à suivre pour les autres clans du Sabbat.  Mais principes et croyances ne permettent pastoujours de se prémunir de la Bête. À l’instar de la Camarilla, la secte abrite son lot de rivalités et de politiciens, sans compter les différends d’ordre philosophique ou religieux, qui peuvent s’avérer tout aussi violents. Ces conflits tiraillent sans cesse l’Épée, l’éloignant bien souvent de ses objectifs, au moins autant (si ce n’est plus) que ses ennemis. Bien que la secte se soit dotée d’une organisation et d’une structure, les caïnites s’encombrent d’un nombre trop élevé de loyautés, incompatibles avec une telle rigidité. Le Sabbat lutte constamment contre lui-même, et ne se réunit que face à ses ennemis. Le coeur du Sabbat est la meute, un ensemble de vampires liés par le Vinculum et des intérêts communs. Cette cellule fait partie de la société de la secte, au point que les caïnites qui ne font partie d’aucune meute inspirent généralement la méfiance. Chaque meute attise un sentiment de compétition en son sein, jusqu’à ce qu’une forme d’autorité s’en dégage, comme un prêtre pour mener les rituels et un ductus pour régler les affaires séculières. Il existe des places plus prestigieuses encore, mais contrairement à la Camarilla où tout le pouvoir passe entre les mains du prince, les positions au sein du Sabbat se fondent sur les meutes. Certains diocèses renoncent totalement aux positions les plus élevées, confiant leur gestion et police aux meutes  pour des résultats souvent mitigés).
  En dehors des Lasombras et des Tzimisces, la plupart  des vampires du Sabbat se considèrent comme les « anticlans», ou antitribus de leurs clans fondateurs. Certains pervertissent les coutumes de leur clan, tandis que d’autres les poussent à leur paroxysme le plus monstrueux. Une poignée a même constitué de nouvelles lignées et fini par manifester des disciplines différentes en raison de leur place au sein du Sabbat.

Rituels
À moins qu’il ne s’agisse de « tronches de pelle » (appelées parfois « têtes de pioche »), étreintes à la hâte en temps de guerre, que  l’on assomme au moyen d’une pelle, et qui doivent alors se débrouiller pour sortir de leur tombe, la plupart des vampires du Sabbat subissent des rites de création censés faire d’eux de véritables caïnites de la secte. Le rite oblige l’intéressé à faire ses preuves auprès de son sire ou de sa meute, ce qui lui vaut bien souvent d’être défait d’une bonne partie de son Humanité, l’humain
faible et pathétique se transformant en un véritable monstre digne de la secte. Pour tourner en dérision les croyances religieuses des
humains, de nombreux rituels (ou « ritae ») et conventions du Sabbat sont des perversions de ceux de l’Église catholique. L’un des plus importants est la Vaulderie, une version corrompue de l’Eucharistie durant laquelle les caïnites versent leur sang dans un calice et boivent leurs vitae mélangées pour renforcer leur loyauté les uns envers les autres. Ils participent aussi à un grand nombre d’autres rituels. Le feu, le sang et la violence sont des thèmes récurrents de ces ritae, et les rituels vont de la danse du feu aux assassinats cérémoniels, en passant par la perversion de jeux et de sports, qui sont de simples prétextes pour se livrer à de purs carnages. Les nuits des caïnites sont tendues et difficiles, et les ritae leur permettent de décompresser et de se lier à d’autres vampires, avant de reprendre la voie de la méfiance et des conflits éternels. Le but de ces rituels est non seulement de créer un sentiment de solidarité parmi les vampires du Sabbat, mais également de repousser les limites de leur enveloppe charnelle et de tester leur potentiel militaire.

 

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LA CAMARILLA

Bastions traditionnels : Chicago, Nouvelle-Orléans,Vienne, Londres, Paris


  La Camarilla est aussi appelée « la Tour d’Ivoire », un surnom qui lui sied à la perfection. Fondée au XVe siècle, cette secte apparut dans le but de protéger la société vampirique des ravages de l’Inquisition et de mettre un terme à la disparition des nombreux anciens provoquée par la Guerre des princes, durant l’Âge des Ténèbres. Les dirigeants de la Camarilla firent impitoyablement appliquer la tradition de la Mascarade, qui devint la plus importante loi de la secte, une priorité capitale aujourd’hui encore. Ces soi-disant « damnés » cherchent à maintenir une discrète harmonie entre les vampires et l’humanité, un objectif que tente constamment de déjouer le Sabbat.
  La Camarilla se voit comme la société vampirique, une prétention qui n’est pas totalement injustifiée. Après tout, il s’agit de la plus vaste secte de damnés et presque toutes les villes du globe en abritent au moins un représentant. Un damné qui entre dans une nouvelle ville et y cherche la population vampirique locale y trouvera bien souvent une cour de la Camarilla. Cette omniprésence est en partie due au fait que la Camarilla affirme que tout vampire, quel que soit son clan ou sa lignée, peut se rendre auprès d’un prince et lui demander à intégrer la secte. Mais il faut se rappeler que la Camarilla prétend aussi que l’ensemble de la société vampirique tombe sous son autorité, quoi qu’en pensent les autres vampires. De nombreux damnés trouvent plus simple de prendre place dans l’ombre de la Tour d’Ivoire que de discuter de ce point.
  Au fil des siècles, la Camarilla a tout fait pour appuyer ses prétentions de domination, mais son succès reste limité. Les vampires sont des créatures territoriales par nature, et si les princes affirment que les justicars sont tout-puissants sur Terre, ils ne voient pas toujours d’un très bon oeil les archontes qui se présentent sur leur domaine et exigent leur obéissance aveugle. Les anciens
qui se souviennent du temps où les sectes n’existaient pas raillent ce qu’ils appellent « l’audace des nouveau-nés ». Cependant, les flammes de l’Inquisition brûlent encore dans leur mémoire, et beaucoup sont prêts à renoncer à quelques privilèges pour soutenir la Mascarade et se protéger de la société des mortels.
  Les villes de la Camarilla sont moins cosmopolites que ne le prétend la secte. Si les damnés de tout lignage peuvent en devenir membres, beaucoup sont issus des clans fondateurs de la Camarilla : les Brujahs, Gangrels, Malkaviens, Nosferatus, Toréadors, Tremeres et Ventrues. Ces clans ont contribué à la création de la Camarilla et disposent d’un siège au Cercle intérieur (cf. page 26). Les vampires d’autres lignées peuvent assister aux conclaves et rencontres, mais leur voix est minoritaire, quand elle n’est pas simplement ignorée. La Camarilla s’est opposée au Sabbat dès sa création pour protéger la Mascarade et ses membres. Si le Sabbat a rejeté les traditions et tout simulacre d’humanité en raison de la Géhenne, la Tour d’Ivoire a tenu bon et désigné la secte rivale comme ennemi officiel. Depuis, la Camarilla lui mène une guerre ouverte ou larvée selon les endroits, perdant et regagnant des villes à l’occasion. Tous ceux qui se tiennent en travers de son chemin dans sa lutte contre le Sabbat sont assimilés eux aussi à des ennemis. C’est à cause de ce conflit incessant que la Tour d’Ivoire se fissure aujourd’hui, bien qu’elle se garde de le reconnaître. Les anciens se cramponnent à leur pouvoir, et craignent de plus en plus que d’autres damnés soient en réalité des espions du Sabbat ou des sympathisants anarchs. Les nouveau-nés ont de plus en plus le sentiment d’être les serfs d’une aristocratie d’anciens, d’autant
qu’on leur demande de protéger et de soutenir une organisation qui leur offre peu de possibilités de promotion, mais une pléthore de mesures répressives. Les ancillae occupent la pire place : ils sont incapables de rejoindre le cercle des anciens, mais ces derniers leur laissent suffisamment de miettes pour attiser la jalousie de leurs plus jeunes semblables.
  Les nouveau-nés et les jeunes ancillae ont cependant un avantage de taille : la technologie moderne. Les anciens ne veulent ou ne peuvent maîtriser les outils que leur offre pourtant le monde contemporain : smartphones, tablettes informatiques, gilets pare-balles, armes de poing ou réseaux sociaux. Ils s’éloignent de plus en plus d’un monde dans lequel même les enfants savent tenir un blog, où les médias sont maintenant multiples. De jeunes damnés réservent cependant un bon accueil à ce type d’outils, dont ils se servent pour protéger la Mascarade, mais d’autres se demandent pourquoi ils ne s’emparent pas du pouvoir que gardent jalousement les  anciens : le pouvoir politique d’une part, mais également celui qui coule dans leur veine en commettant la diablerie, la pire des perfidies.
  Les anciens sont donc de plus en plus souvent aux prises avec des choses qui les dépassent, détruisant des infants sournois, mais également de loyaux serviteurs. Les ennemis de la Camarilla s’en sont aperçus et attendent patiemment.

Coutumes
  La Camarilla se fonde sur un ensemble de traditions dont le prince est le garant. Il les fait appliquer sur son domaine, lui-même ou par le biais d’agents, et punit ceux qui les violent. De nombreux princes s’entourent d’une véritable cour, qui constitue un cercle mondain, capable cependant d’ouvrir une information légale. C’est à la cour que les vampires cancanent, font de la politique et gagnent les faveurs du prince, mais c’est aussi là que ce dernier arbitre les litiges, rend la justice et promulgue ses règles. Quand un vampire se rend coupable de crimes graves, qu’il commette une énorme infraction à la Mascarade, se livre à la diablerie, ou offense son prince, ce dernier peut faire appel à la Lextalionis, la très redoutée chasse de sang.
  Le prince annonce la chasse à sa cour, et la nouvelle est ensuite transmise aux clans par ses primogènes. Tous ceux qui en ont vent doivent y participer (bien que cela puisse se résumer à ne pas se dresser en travers du chemin des chasseurs). De temps en temps, elle consiste à bannir le damné en question de la ville, mais elle ne cesse généralement qu’une fois la proie confrontée à la Mort ultime. Certains princes ferment même les yeux sur l’acte d’Amaranthe lors de ce genre de traque. Mais le système légal n’est pas que discipline et sanctions. Le système monétaire de la Camarilla (et de beaucoup d’autres vampires indépendants qui ont affaire à la secte) est fondé sur les services et les dettes. Ces dernières (aussi qualifiées de « faveurs ») sont non seulement offertes
et contractées, mais également échangées entre vampires dans une sorte d’économie invisible.
  Une faveur que l’on doit au primogène Brujah pourra finalement être réglée à un ancien du clan Malkavien, ce qui explique que les vampires font toujours attention à qui ils en doivent. Le non-respect d’une faveur étant susceptible de menacer cette économie, toute forme de rébellion contre le système est sévèrement réprimée par les harpies et le reste des vampires des environs.

Conclaves
  Le conclave est au coeur des intrigues politiques de la Camarilla. Il s’agit de la plus haute cour de justice de la secte, où l’on aborde les grandes décisions politiques ayant trait à l’organisation. Il prend la forme d’un important meeting ne pouvant être appelé que par un justicar. Tous les damnés se réclamant de la Camarilla peuvent y assister, et l’événement peut durer de quelques heures à plusieurs semaines. Opération « portes ouvertes », la sécurité y est un sujet sensible, au point que l’emplacement exact de la rencontre n’est parfois annoncé que quelques jours à l’avance. En règle générale, un conclave est organisé à l’appel d’un individu puissant (comme un prince) ou en raison d’une sérieuse infraction aux traditions. Mais une fois demandé, tout damné peut y présenter ses doléances afin qu’elles y soient examinées. Des domaines entiers ont ainsi été redécoupés, des guerres déclarées, des chasses de sang annoncées, sans compter les princes qu’on a poliment invités à quitter au plus tôt leur place. Les traditions
y sont également interprétées, et les amendements et précédents n’y sont pas rares. Des princes y reçoivent parfois des pouvoirs extraordinaires ou des permissions exceptionnelles pour se charger de problèmes particulièrement épineux (comme une infestation locale du Sabbat).

  Néanmoins, tous les conclaves ne sont pas organisés en vue de régler des problèmes. Certains justicars en organisent pour mener des débats de politique à long terme et gérer des affaires pressantes qui ont été négligées pendant des années. De nombreux damnés de la Camarilla en profitent pour fraterniser avec leurs pairs ou d’autres représentants de leur lignée, alors que certains y voient l’occasion de dire ce qu’ils ont sur le coeur ou de faire la fête. Au fil des ans, la sécurité est devenue de plus en plus stricte à cause des problèmes que posent les ennemis de la secte. Par ailleurs, seuls des anciens de premier plan semblent en mesure d’y assister et de se faire entendre.

Posté par Leodgardi à 16:39 - - Commentaires [0] - Permalien [#]